Mon Activité Google : Guide Complet 2026 – Confidentialité

Mon activité, l’outil de confidentialité de Google, revient sans arrêt dans les questions que me posent les dirigeants de PME que je croise en Île-de-France. Ils entendent parler de traçage publicitaire, s’inquiètent, et ne savent jamais où regarder concrètement pour vérifier ce que Google conserve sur eux. Voici comment j’aborde le sujet avec eux, sans jargon inutile.

Qu’est-ce que Mon Activité chez Google

Mon Activité (myactivity.google.com) centralise l’historique de tout ce qu’un compte Google enregistre : recherches, vidéos YouTube visionnées, positions géographiques si l’historique de localisation est actif, commandes vocales à l’Assistant, applications ouvertes sur Android. C’est un journal chronologique, filtrable par date et par produit, que peu de gens consultent réellement une fois le compte créé.

La première fois que j’ai montré cette page à un client, il a passé dix minutes à faire défiler des recherches vieilles de trois ans. La réaction est presque toujours la même : surprise devant le volume, puis question immédiate sur la suppression.

Pourquoi Google collecte ces données

Deux usages principaux motivent cette collecte : l’amélioration des suggestions personnalisées (Google Maps propose vos trajets habituels, YouTube affine ses recommandations) et le ciblage publicitaire via Google Ads. Aucune de ces finalités n’est cachée, elles figurent dans les conditions d’utilisation, mais peu d’utilisateurs les lisent avant d’accepter.

Consulter et filtrer son historique

Sur myactivity.google.com, un menu latéral permet de filtrer par produit (Recherche, Maps, YouTube, Assistant) et par période. Un champ de recherche textuelle retrouve une activité précise, utile quand on veut vérifier une commande vocale douteuse ou une recherche effectuée par un enfant sur l’appareil familial.

Suppression automatique et manuelle

Google propose depuis 2019 une suppression automatique programmable : 3, 18 ou 36 mois. Je recommande systématiquement 18 mois à mes clients, un compromis entre utilité des suggestions personnalisées et volume de données conservées. Cette option se configure dans les paramètres de Mon Activité, section « Suppression automatique ».

La suppression manuelle reste possible élément par élément, ou en masse par période et par produit. Attention : supprimer l’historique de recherche ne supprime pas les données déjà utilisées pour entraîner les modèles publicitaires passés, seulement les futures utilisations.

Ce que cela change concrètement pour une entreprise

  • Sur un compte Google Workspace professionnel, l’administrateur peut désactiver la collecte pour tous les utilisateurs du domaine.
  • Un compte personnel utilisé à des fins professionnelles mélange données pro et privées dans le même historique, ce qui pose un vrai problème de confidentialité en entreprise.
  • La désactivation de l’historique de localisation réduit la précision de Maps mais élimine un risque de fuite en cas de piratage du compte.

Je conseille à chaque PME de faire cet audit une fois par trimestre sur les comptes professionnels : dix minutes suffisent pour repérer une activité anormale et ajuster les paramètres de suppression automatique en conséquence.

L’historique de localisation, le point le plus sensible

Parmi toutes les données collectées, l’historique de localisation reste celui qui inquiète le plus mes clients à juste titre. Google conserve, quand cette fonction est active, un tracé précis des déplacements de l’appareil, consultable sous forme de carte chronologique dans Google Maps Timeline. Sur un téléphone professionnel utilisé aussi à titre personnel, cette fonctionnalité crée un risque de confidentialité concret : un employeur techniquement capable d’accéder au compte pourrait reconstituer les habitudes de vie complètes d’un salarié. Je recommande systématiquement de désactiver l’historique de localisation sur tout appareil à usage mixte, professionnel et personnel.

Vérifier les applications tierces connectées au compte

Au-delà de l’historique d’activité, la section « Sécurité » du compte Google liste toutes les applications tierces ayant obtenu un accès, parfois des années auparavant pour un usage ponctuel oublié depuis. J’ai retrouvé chez un client des autorisations actives datant de plus de cinq ans, accordées à des applications qu’il n’utilisait plus. Un audit trimestriel de cette liste, en parallèle de celui de Mon Activité, referme des portes d’accès qui n’ont plus lieu d’être ouvertes.

Le cas des comptes Google Workspace en entreprise

Sur un compte professionnel géré via Google Workspace, l’administrateur du domaine dispose de leviers supplémentaires : désactivation centralisée de l’historique de localisation pour tous les utilisateurs, politique de rétention des données appliquée uniformément, et visibilité sur les activités suspectes via la console d’administration. Toute PME qui migre vers Google Workspace devrait configurer ces paramètres dès l’onboarding, plutôt que de laisser chaque collaborateur gérer sa propre confidentialité isolément.

Exporter ses données avant suppression définitive

Avant toute suppression massive, Google Takeout permet d’exporter une copie complète de l’historique dans un format exploitable, une précaution que je recommande systématiquement en amont d’un grand nettoyage. Cette étape prend quelques minutes et évite tout regret en cas de besoin ultérieur de retrouver une information précise, une réservation ou un échange oublié dans l’historique.

Ce réflexe simple, exporter avant de supprimer, s’applique à toute donnée numérique sensible et vaut la peine d’être intégré à une routine trimestrielle plutôt qu’oublié jusqu’au jour où l’information manque cruellement.

Sur un sujet proche, j’aborde le choix entre NTFS et FAT32.